Facturation électronique et associations : êtes-vous concerné, et à partir de quand ?

La réforme de la facturation électronique ne concerne pas toutes les associations. Ce guide vous aide à situer votre association en quelques minutes et à savoir ce que vous avez à faire, ou non, d'ici septembre 2026.
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La facturation électronique devient obligatoire à partir de septembre 2026 pour les entreprises françaises. Côté associations, difficile de s'y retrouver : on entend tout et son contraire. « Toutes les associations doivent s'équiper », « seules celles qui font de la TVA sont concernées », « il faut choisir une plateforme agréée dès maintenant »… Ces messages sont souvent contradictoires parce qu'ils simplifient une règle qui repose, en réalité, sur votre régime fiscal et non sur votre statut d'association.

Cet article reprend les règles telles que la Direction générale des Finances publiques les a publiées dans sa fiche officielle « Facturation électronique : je suis une association » (version janvier 2026). L'objectif est simple : vous permettre d'identifier votre situation et de savoir ce que vous devez faire ou ne pas faire.

 

Le critère qui détermine tout : votre assujettissement à la TVA

La réforme ne s'applique pas à toutes les associations. Elle s'applique aux entités assujetties à la TVA en France. Votre statut associatif loi 1901 n'est pas le critère. Ce qui compte, c'est ce que fait votre association fiscalement.

La DGFIP distingue quatre situations, avec pour chacune des obligations différentes.

 

Les quatre situations possibles

Situation 1 : Votre association ne réalise aucune activité commerciale.
Cotisations, dons, subventions, activités bénévoles : si votre budget est composé uniquement de ces recettes non commerciales, votre association n'est pas assujettie à la TVA.
→ Aucune obligation. Ni en émission, ni en réception. La réforme ne vous concerne pas.

Situation 2 : Votre association a une activité commerciale accessoire, sous le seuil de 80 011 €.
Buvette lors d'événements, vente de produits dérivés, petite billetterie… Si votre gestion est désintéressée, que ces activités ne concurrencent pas le secteur privé, qu'elles restent marginales dans votre budget et que leurs recettes n'excèdent pas 80 011 € (seuil 2025 pour les prestations de services), votre association reste considérée comme non assujettie à la TVA.
→ Aucune obligation. Ni en émission, ni en réception. La réforme ne vous concerne pas non plus.

Situation 3 : Votre association a une activité lucrative principale, mais elle est exonérée de TVA au titre des articles 261 à 261 E du CGI.
C'est typiquement le cas des organismes de formation professionnelle continue, des structures d'enseignement, du secteur social ou médico-social, ou de la location nue à usage d'habitation. Votre association est assujettie à la TVA, mais exonérée sur ses activités.
→ Obligation de recevoir des factures électroniques à compter du 1er septembre 2026. Pas d'obligation d'émission, ni de e-reporting.

Situation 4 : Votre association a une activité lucrative principale et taxable.
Vos recettes lucratives dépassent le seuil, ou votre activité principale est commerciale sans exonération spécifique. Votre association est pleinement assujettie et redevable de la TVA.
→ Obligations complètes : réception, émission de factures électroniques vers vos clients professionnels français, et e-reporting pour vos transactions avec les particuliers ou l'international.

 

Le calendrier officiel

Échéance Qui est concerné
1er septembre 2026 Réception obligatoire pour les situations 3 et 4. Émission obligatoire uniquement pour les grandes entreprises et ETI en situation 4.
1er septembre 2027 Émission obligatoire pour les petites et moyennes structures en situation 4.

Concrètement, la très grande majorité des associations concernées par l'émission relève des seuils TPE/PME et aura jusqu'à septembre 2027 pour s'équiper.

 

Que devez-vous faire selon votre situation ?

Si vous êtes en situation 1 ou 2 : vous représentez la majorité des associations. Vous n'avez rien à faire. Vos fournisseurs continueront à vous envoyer leurs factures par les canaux habituels (email, courrier). Vous ne figurez pas dans l'annuaire DGFIP des entreprises assujetties et vous n'avez pas à vous y inscrire.

Si vous êtes en situation 3 : vous devez choisir une plateforme agréée (PA, anciennement PDP) avant le 1er septembre 2026 pour être en mesure de recevoir vos factures fournisseurs au format électronique. Vous n'avez aucune obligation d'émission.

Si vous êtes en situation 4 : vous devez choisir une plateforme agréée pour la réception avant le 1er septembre 2026, et vous équiper d'une solution d'émission conforme d'ici le 1er septembre 2027 (ou dès le 1er septembre 2026 si vous êtes une grande structure).

Vous avez un doute sur votre situation ? La DGFIP met à disposition un outil d'auto-diagnostic officiel qui vous donne la réponse en quelques questions.

 

Ce que Yapla prévoit

Pour la réception des factures électroniques : Yapla a choisi de ne pas s'associer à une plateforme agréée unique. Concrètement, les associations concernées par l'obligation de réception (situations 3 et 4) sont libres de sélectionner la plateforme agréée qui leur convient parmi la liste officielle publiée par la DGFIP. Ce choix nous paraît important : les plateformes agréées proposent des services très différents (compte bancaire pro, comptabilité, gestion de trésorerie, tarification…) et il n'y a pas de raison qu'un logiciel de gestion associative impose l'un ou l'autre.

Pour l'émission des factures électroniques : Yapla intégrera la fonctionnalité d'émission au format Factur-X en amont de l'échéance du 1er septembre 2027, échéance qui concerne les petites et moyennes structures, c'est-à-dire la quasi-totalité des associations Yapla en situation 4. Nous privilégions cette approche plutôt que de précipiter une intégration dont la majorité de nos utilisatrices n'a pas besoin.

 

En résumé

La réforme de la facturation électronique est structurante pour les entreprises, mais son impact sur le monde associatif est plus limité qu'on ne le lit parfois. Les associations dont l'activité est intégralement non lucrative ou lucrative accessoire ne sont pas dans le périmètre. Celles qui le sont ont un calendrier qui laisse le temps de s'organiser, en particulier pour l'émission qui n'entrera en vigueur pour la plupart qu'en septembre 2027.

Si vous avez un doute sur la situation de votre association, nous vous recommandons de consulter votre expert-comptable ou de faire le test officiel de la DGFIP. Et de vous fier aux sources officielles plutôt qu'aux messages commerciaux qui tendent à élargir le périmètre.

 

Questions fréquentes sur la facturation électronique et les associations

La facturation électronique est-elle obligatoire pour toutes les associations ?
Non. L'obligation ne dépend pas du statut d'association loi 1901, mais de l'assujettissement à la TVA. Une association dont l'activité est intégralement non lucrative, ou dont les activités lucratives accessoires restent sous le seuil (80 011 € en 2025), n'est pas assujettie et n'est donc pas concernée, ni en réception, ni en émission. Seules les associations assujetties à la TVA, qu'elles soient redevables ou exonérées (articles 261 à 261 E du CGI), entrent dans le champ.

Mon association doit-elle recevoir ses factures au format électronique dès septembre 2026 ?
Uniquement si elle est assujettie à la TVA. Dans ce cas, elle doit pouvoir recevoir ses factures fournisseurs via une plateforme agréée à compter du 1er septembre 2026. Si elle n'est pas assujettie, elle n'a pas cette obligation : c'est le fournisseur assujetti qui déclare l'opération via le e-reporting, et aucune plateforme n'est imposée au client non assujetti.

Mon association n'est pas assujettie à la TVA : n'ai-je vraiment rien à faire ?
Presque rien. Pour vos échanges avec vos fournisseurs et vos clients privés, vous n'avez effectivement aucune démarche à entreprendre : ni plateforme à choisir, ni facture à émettre au format électronique. Une seule exception : si vous facturez l'État, une collectivité ou un établissement public, vous devez continuer à passer par le portail Chorus Pro, obligatoire pour la commande publique, quel que soit votre régime de TVA.

 

Sources et documents utiles

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