Par où commencer quand on veut simplifier sa gestion et avoir plus d’impact? Et comment continuer à avancer une fois les premières étapes franchies? Définir des objectifs clairs, convaincre son conseil d’administration, obtenir un budget ou mobiliser son équipe sont autant de défis à relever dans un projet numérique.
Dans cet article, des gestionnaires d'associations qui ont mené (et mènent encore) leur virage numérique partagent leur expérience: de l’identification des besoins à l’approbation du CA, de la gestion du changement à la formation des utilisateurs.
De quoi repartir avec des clés concrètes afin d’amorcer votre propre virage numérique… ou franchir une nouvelle étape.
Quand on parle de transformation numérique, on pense souvent site web ou communication. Mais en réalité, ça touche bien plus large : base de données, gestion des membres, outils internes, automatisations, sécurité, conformité, etc.
L’enjeu n’est pas de “faire moderne”. L’enjeu, c’est d’être plus efficace, plus clair pour ses membres, et plus solide dans le temps.
Comme l’expliquait Marie-Pier Blain, Directrice administrative de Culture Laval dans son témoignage, leur virage numérique est né d’un constat simple : ils avaient besoin de simplifier leurs processus pour mieux servir leur communauté, sans y laisser leur énergie.
Un réflexe très courant : se demander “Quel outil on prend ?”. Le bon réflexe : se demander “De quoi a-t-on besoin ?”
Sihem Neggaz, Directrice du Réseau des femmes d’affaires du Québec (RFAQ) explique qu’après la pandémie, ils ont vécu ce moment de flottement que beaucoup d’OBNL connaissent : trop d’options, trop de plateformes possibles, et une fatigue collective face à la complexité numérique.
Leur apprentissage principal : revenir à la mission et aux objectifs, puis seulement ensuite choisir les bons outils pour y répondre.
À retenir :
Les deux organisations ont décrit des irritants très classiques dans les OBNL.
Chez Culture Laval par exemple, toute la gestion de membres se faisait manuellement : base de données dans plusieurs fichiers Excel, factures produites une par une, suivi difficile quand une personne quittait son poste.
Avec le temps, ça créait une charge mentale et opérationnelle lourde… et surtout un risque de perte d’informations.
Toujours selon Culture Laval, ils avaient empilé plusieurs outils au fil des années, chacun pris “pour régler un besoin sur le moment”. Le problème, c’est que ces outils ne se parlaient pas entre eux.
Résultat : des données en double, des processus éclatés, et cette impression d’un système trop complexe pour une petite équipe.
À retenir : Le déclic arrive souvent quand on réalise que ce n’est pas le manque d’idées ou de motivation qui bloque, mais le manque de cohérence et de simplification dans les outils.
Une transformation numérique réussie n’est pas seulement “interne”. Elle doit aussi créer une valeur claire pour les membres.
Pour Culture Laval, un exemple parlant est leur nouvel espace membre qui a changé l’expérience utilisateur.
Les membres peuvent maintenant retrouver facilement :
Un point important : ça demande de l’accompagnement. Certains membres sont très à l’aise avec le numérique, d’autres beaucoup moins. Donc l’outil ne suffit pas : il faut prévoir des temps pour guider, former, rassurer.
À retenir : Un virage numérique est gagnant quand les membres sentent rapidement un bénéfice concret, et qu’on les accompagne dans l’adoption.
La transformation numérique est autant un projet humain qu’un projet technique.
Et pour le Réseau des femmes d’affaires du Québec ce qui a changé la donne c’est de penser “conscience numérique” :
Une réalité parfois taboue mais fréquente : certaines personnes n’adhèrent pas au changement. Pas par mauvaise volonté, mais parce que la transformation modifie les habitudes, les rôles, et même la culture de travail.
À retenir : Prévoir la gestion du changement, c’est prévoir du temps, de la pédagogie, et une communication interne continue.
Les conseils d’administration répondent souvent : “trop cher”, “trop compliqué”, “on n’a pas le staff”.
Pour Culture Laval, la manière de convaincre a été très structurante :
Comme leur projet était documenté et réaliste, le CA voyait clairement la logique et l’intérêt.
Côté RFAQ, la mobilisation s’est faite en restant collés à la raison d’être de l’organisation : montrer comment le numérique soutient directement leur mission et renforce l’impact économique et social pour leurs membres.
À retenir : Un conseil d’administration embarque plus facilement quand on parle d’impact, de mission et de besoins réels, pas juste d’outil.
Un exemple très concret de modernisation à grande échelle opéré au sein du RFAQ : ils ont automatisé une partie majeure du service aux membres, avec des workflows CRM et des réponses conditionnelles.
Ils ont même choisi de réduire le support téléphonique pour privilégier un modèle :
L’équipe de Culture Laval profite aussi des bénéfices de l’automatisation de tâches répétitives du quotidien comme : l’envoi de confirmations, suivis des adhésions, segmentation de la base de contacts, et plus encore !
À retenir : Automatiser n’enlève pas l’humain. Ça lui redonne du temps, et ça stabilise l’expérience membre.
La transformation ne s’arrête pas une fois l’outil lancé.
Culture Laval par exemple travaille sur un procédurier interne, parce qu’ils savent que les équipes tournent, et qu’un outil non documenté finit toujours par devenir un casse-tête pour les nouveaux.
Le message est simple :
À retenir : Si la connaissance n’est pas partagée, l’organisation perd le bénéfice au premier changement de poste.
Dernier conseil : y aller étape par étape.
Chaque OBNL a une réalité différente. Copier-coller une solution vue ailleurs est rarement une bonne idée.
Sihem Neggaz du RFAQ disait : “prenez le temps, avancez par “petits pas”, parce que revenir en arrière coûte cher.”
Culture Laval quant à eux voient le numérique comme un continuum : une trajectoire à long terme, avec des priorités différentes chaque année.
À retenir : Le virage numérique n’est pas un sprint. C’est une progression structurée.
La transformation numérique ne se résume pas à choisir un outil plus moderne. Elle repose sur une démarche complète :
Les exemples de Culture Laval et du Réseau des femmes d’affaires du Québec montrent qu’un virage numérique bien mené devient un vrai levier : moins de friction, plus de clarté, plus de valeur pour la communauté… et donc plus d’impact.
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Stéphane, Cofondateur et dirigeant

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