La culture d’innovation : quand le numérique devient un réflexe

Et si le numérique devenait un réflexe plutôt qu’un chantier stressant ? Restriction budgétaire, outils dispersés, équipes sous pression… Découvrez comment passer du bricolage à une culture d’innovation durable pour gagner du temps et de l’impact.
 
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La culture d’innovation : quand le numérique devient un réflexe
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Dans un contexte où les OBNL doivent faire plus avec moins, la culture d’innovation devient un atout stratégique incontournable. Mais comment la mettre en pratique ? 

Dans cet article, Jean-François Dommerc, président et stratège principal de notre partenaire Riposte, nous propose justement d’explorer des façons concrètes d’intégrer le numérique au cœur des opérations, non pas comme un projet isolé, mais comme une habitude organisationnelle durable. 

Découvrez des exemples terrain et des repères clairs pour passer du bricolage à une véritable culture numérique. Vous verrez également comment simplifier vos processus, mieux exploiter vos données, et mobiliser vos équipes pour que l’innovation devienne un réflexe au service de votre mission.

 

Pourquoi la culture d’innovation est devenue clé pour les OBNL

Dans beaucoup de conseils d’administration et d’équipes de direction, on retrouve le même frein : le mot « innovation » fait peur. 

Effectivement, il peut faire penser à de grands chamboulements, à la mise en place de nouvelles technologies compliquées, et surtout à des budgets qu’on imagine hors d’atteinte. 

Pourtant, l’innovation n’est pas d’abord une affaire de moyens. C’est une affaire de posture : la capacité collective à se demander « et si on faisait autrement ? », « et si on simplifiait ? », « et si on arrêtait de subir nos outils ? ». 

Autrement dit, l’innovation commence bien avant l’outil. Elle naît dans la façon de regarder un problème.

 

Transformation numérique : viser un réflexe collectif

Dans votre organisation, la transformation numérique est-elle un projet ponctuel ou un réflexe collectif ?

La question peut sembler théorique, mais elle change tout.

Un projet ponctuel, c’est quand le numérique arrive par vagues. Une refonte de site web cette année. Un nouveau CRM l’an prochain. Une plateforme d’inscription parce qu’il “en faut une”. Nous avançons, mais par morceaux.

Un réflexe collectif, c’est autre chose. C’est quand le numérique devient une habitude organisationnelle. Il est intégré à vos façons de travailler, à vos discussions d’équipe, à votre stratégie, et pas seulement à la gestion d’un outil ou à une urgence du moment.

Viser le réflexe collectif, c’est ce qui permet à l’innovation de devenir naturelle, au lieu d’être un stress périodique.

 

Quels freins bloquent l’innovation numérique dans les OBNL

Trois réalités reviennent très souvent sur le terrain. Elles expliquent pourquoi développer une culture numérique devient vital

1. La pression des ressources

Les budgets stagnent, les subventions sont plus incertaines, et les attentes augmentent. Il faut démontrer plus d’impact, gérer plus de projets, avec moins de marge d’erreur.

2. La fragmentation numérique

Trop d’outils, trop de plateformes, pas assez d’intégration. Les données ne se parlent pas. Nous faisons des exports pour réussir à communiquer. Les décisions se prennent souvent sur des “à peu près” plutôt que sur des faits.

3. Des équipes fatiguées

Beaucoup d’OBNL se sont numérisés en empilant des solutions. Résultat : au lieu d’alléger le quotidien, le numérique a parfois ajouté une couche de complexité. Les équipes s’épuisent dans la coordination d’outils.

L’idée n’est pas de culpabiliser qui que ce soit. C’est de nommer un point de départ réaliste.

 

Passer d’un numérique “bricolé” à une culture numérique intégrée

Le bricolage numérique, de quoi parlons-nous ? 

Le bricolage, c’est quand nous empilons des technologies sans vision globale.

Un outil ici. Un autre là. Une solution pour les membres, une autre pour les événements, une plateforme d’infolettre, un CRM ailleurs. Souvent, chaque dossier est porté par une personne différente, avec son propre angle.

Au final, nous avons l’impression d’avoir “fait le numérique”. Mais comme rien ne communique ensemble, nous nous éloignons de l’objectif… et nous créons du travail supplémentaire.

Une culture numérique intégrée, c’est l’inverse

Quand le numérique devient un réflexe, nous ne partons pas des outils. 

Nous partons des besoins :

  • Quels sont nos problèmes récurrents ?
  • Où perdons-nous du temps ?
  • Qu’est-ce qui freine notre mission ?
  • Quelles données avons-nous et comment les utiliser ?

Ensuite seulement, nous faisons des choix technologiques. Le numérique devient un levier stratégique, pas une collection de solutions.

Si vous voulez voir une autre illustration de cette logique, l’article de Pascal Jarry sur la transformation numérique de Yapla fait un bon écho : même approche progressive, même focus sur la mission.

 

La méthode “Simplifier, Mesurer, Mobiliser” pour activer l’innovation

Riposte résume sa recette terrain en trois verbes. Simplifier. Mesurer. Mobiliser.

Ce trio transforme une organisation “numérique” en organisation apprenante. Une organisation qui progresse, au lieu de courir après la prochaine tendance.

Simplifier

Chaque clic dans votre écosystème numérique a une valeur.
Simplifier veut dire : enlever ce qui est inutile et automatiser ce qui est répétitif. Chaque fichier Excel qu’on élimine, chaque double saisie qu’on remplace, chaque étape qu’on raccourcit libère du temps pour la mission.
C’est rarement spectaculaire. Mais c’est extrêmement rentable en énergie.

Mesurer

Les OBNL génèrent beaucoup de données. Mais peu sont réellement exploitables, parce qu’elles sont dispersées ou non structurées.
Mesurer, c’est se donner de bons tableaux de bord, et surtout une discipline :

  • Qui participe à nos activités ?
  • Qui donne, quand et pourquoi ?
  • Qu’est-ce qui fonctionne vraiment dans nos communications ?
  • Où avons-nous des trous dans nos parcours ?

L’objectif est de prendre des décisions renseignées, pas de gérer “au feeling”.

Mobiliser

Une culture numérique ne se décrète pas, elle se cultive.

Mobiliser veut dire : créer des espaces où l’équipe peut réfléchir ensemble au numérique.

Pas juste un comité techno isolé. Des discussions partagées où tout le monde a le droit à la parole. Où chaque nouveau projet est regardé avec la même question de base : comment nos outils actuels peuvent aider, avant d’en ajouter d’autres ?

Sans cette mobilisation, l’innovation reste un effort individuel. Avec elle, elle devient un moteur collectif.

 

Les conditions qui favorisent une culture numérique durable

Jean-François observe que les organisations qui réussissent ne sont pas celles qui ont le plus d’outils. Ce sont celles qui ont mis quelques conditions gagnantes en place.

Une vision claire

Votre présence numérique doit être rattachée à la mission et aux objectifs stratégiques. Pas seulement à “la gestion” ou “les comms”.
C’est un effort important, mais c’est ce qui aligne les choix et évite de s’éparpiller.

La logique des petits pas

Innover, c’est essayer, mesurer, ajuster, recommencer.
Pas besoin d’un plan parfait sur trois ans. Il faut une capacité de progression constante, avec des apprentissages visibles.

Un leadership engagé

Le grand facteur de succès, selon Riposte, c’est une direction qui joue le jeu. Pas une direction qui dit : “C’est trop techno pour moi, je laisse ça à quelqu’un d’autre.” Le numérique touche la mission, donc il touche la gouvernance.

Une culture de partage et de documentation

Dans le milieu OBNL, il y a du mouvement de personnel. Si les processus ne sont pas documentés, tout est à recommencer.

Documenter, c’est créer des passeurs de savoir. C’est ce qui rend votre écosystème résilient, même quand l’équipe change.

 

Et l’intelligence artificielle dans tout ça

L’IA ne tombe pas du ciel comme un gadget à la mode : elle s’inscrit dans la continuité de la culture d’innovation.

Elle va s’imposer dans vos activités : financement, gestion des membres, contenu, relation aux donateurs. Elle avance vite, parfois trop vite pour qu’un comité “reste à jour” à chaque rencontre.

L’IA n’est pas une destination. C’est un nouvel environnement.

Donc la vraie question n’est pas “quelle IA choisir demain matin”.

La question est : avons-nous la culture d’innovation nécessaire pour apprendre à naviguer dans cet environnement, au fur et à mesure qu’il évolue ?

Si la réponse est oui, l’IA devient un levier.

Si la réponse est non, elle devient un stress supplémentaire. D’où l’importance de bâtir maintenant le réflexe collectif.

Parmi les usages déjà accessibles aux OBNL, la recherche sémantique illustre bien comment l’IA peut simplifier le quotidien et renforcer l’impact, sans alourdir l’écosystème numérique.

 

En résumé

  • L’innovation n’est pas un gros chantier réservé aux organisations qui ont beaucoup de moyens. C’est une posture collective.
  • La transformation numérique gagne à devenir un réflexe collectif, pas une série de projets isolés.
  • Trois réalités freinent les OBNL : pression des ressources, fragmentation numérique, équipes fatiguées.
  • Passer du bricolage au réflexe, c’est partir des besoins et de la mission avant de choisir les outils.
  • La méthode Riposte repose sur trois leviers : simplifier les processus, mesurer avec des données utiles, mobiliser l’équipe.
  • Une culture numérique durable se construit avec une vision partagée, des petits pas, un leadership impliqué, et de la documentation.
  • L’IA s’ajoute à ce paysage comme un nouvel environnement. C’est la culture d’innovation qui permet d’en tirer parti sereinement.
     

 

 

Catherine Thibault, Responsable du développement, Canada

Solène Beguin

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